LIVRE III. i
Elle-même aujourd'hui permet que je t'écrive : Tout ce qui te connut te regrette ave^ moi , Et cherche à consoler ton ombre fugitive.
Déjà , les yeux mouillés de pleurs , Et brisant son beau luth qui résonnait encore ,
Le doux chantre d'Eléonore Sur tes restes chéris a répandu des fleurs ; Il t'élève un tombeau^ : c'est assez pour ta gloire.
Moi , plus timide , tout auprès
Je choisis un jeune cyprès ,
Et là je grave notre histoire.
A ce mot , Eucharis , ne va point t'alarmer. Loin de moi tous ces noms dont un amant accable
L'objet qu'il cesse de charmer !
Le temps a dû me désarmer,
Et ton cœur n'est point si coupable.
Pour un autre que moi s'il a pu s'enflammer.
Sans doute il était plus aimable :
Hélas! savait-il mieux aimer? N'importe : dors en paix , ombre toujours chérie; D'un reproche jaloiA ne crains plus la rigueur :
Ma haine s'est évanouie.
Tu fis , sept ans entiers , le bonheur de ma vie : C'est le seul souvenir qui reste dans mon cœut .
' Il j a dans les œuvres de Parny une pièce intitulée « Le Tombeau d'Eucharis. »
i56 LES AMOURS.
ELEGIE XVII