Oeuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique
L y a longtemps que les admirateurs de Joachim dit Bellay rcchvuaient une cditiou complète de ses œuvres françaises et latines. Depuis l'année i j<?7, date des éditions du Petit-Val, de Rouen, et de la Veuve Mallard, de Paris, qui nous ont servi de modèle, on n avait réimprimé, en effet, que la Défense en son entier et des fragments des poésies de Joachim.
Le volume que nous offrons aujourd'hui au public lettré et qui comprend la Défense, l'Olive et quelques autres œuvres poétiques, lui donnera une première satisfaction. Il sera suivi à bref délai d'un second volume comprenant le Recueil de poésies, les Deux livres de l'Enéide et quelques autres traductions, les Divers poèmes et les Amours. Puis viendront les Regrets , les Antiquités et les Jeux rustiques qui formeront le troisième volume, enfin les Poésies latines, qui composeront le quatrième et dernier tome des œuvres complètes de notre édition.
Chaque partie sera accompagnée d' un Commentaire historique et critique où nous nous sommes attaché principalement à relever les erreurs de tout genre qui se sont accréditées jusqu'à ce jour et à rendre à Joachim ce qui lui appartient en propre. Pour le reste, et par ce mot nous entendons désigner r appareil purement philologique, nous nous sommes borné à publier avec son agrément, ce dont je le remercie, les notules et remarques que
Il AVERTISSEMENT
M. Reitilxild Dc^citneris avait rcdii^ces en vue crnuc éiiilion des œuvres cijoisies du hoêteat}i;ri'iii, et qui. f 'e d'un éditeur, demeuraient inutilisées depuis tretiie-cinq ans dans ses cartons. Nous aurions trouvé, d'ailleurs, peu de cime à glaner dans ce champ nouveau pour nous, derrière des annotateurs de profession comme MM. Bccq de Fouquièrcs et Marty- Lavcaux.
Notre commentaire n'a donc pas la prétention d'annuler tout ce qui a été dit par nos devanciers sur les œuvres de Joachim du Bellay ni de résumer leurs travaux. Nous avons voulu seulement apporter notre contribution personnelle à l'histoire littéraire du seizième siècle qui n'est pas encore entièrement débrouillée et mise au clair. A chaque jour suffit sa peine. Si M. Marty-Laveaux, à qui nous devons tant, avait vécu asse:^^ pour lire les études remarquables de MM. Pinvert, Clément, Chamard, Vianey, Laumonier, etc., il est probable qu'il en aurait fait son profit et que ce commentaire s'en serait ressenti du même coup.
Le lecteur verra que nous le renvoyons souvent à la Vie de Joacliim dont nous avons publié la première partie dans la Revue de la Renaissance. Cette Vie devrait être achevée à cette heure, mais comme le mieux est r ennemi du bien en tout, nous avons attendu, pour la terminer, de connaître à fond les particularités du séjour du poète à Rome et celles de son retour en France. La Vie de Joachim formera un volume du format de cette édition et lui servira de préface.
(Décembre 1902.)