EPIGRAMME PASTORAL
Un Berger, un Chevrier et un Bouvier, venus
De Sicile, de Thebe, et de Smyme : cogneus
Des prez et des costaux, et des loges champestres,
Des brebis, des chevreaux, des bœufs: les meilleurs
Du flageol, du rebec et du cornet retors [maistres
Moutons, chèvres et bœufs, gardoyent dessus les bords
DArethuse, d'Ismene, et du Phrygien Xanthe.
L'un le hurt, Tun les jeux : le tiers les combats chante
Des béliers bien cornus, des folastres chevreaux,
Des taureaux mugissans : l'honneur des Pastoureaux,
Des Chevriers, des Bouviers, aussi sur tous les prise
Paies le dieu chevrier et le pasteur d'Amphyse,
D'un chapelet de fleurs couronnant le premier,
D'une branche de pin le second, le dernier.
D'un tortis de laurier. Mais Perot l'outrepasse,
Ce Berger, ce Chevrier, et ce Bouvier surpasse
D'autant que les moutons, les boucs et les taureaux.
Les aigneaux, les chevreaux, et les jeunes bouveaux.
Ou que les bleds, les monts et les maisons royales.
Les herbes, les coustaux, les cases pastorales :
Tant Perot fluste bien, fredonne et sonne ici
Du flageol, du rebec et du cornet aussi.
Son Chariot, son Annot, son Henriot ; les maistres
Des prez et des costaux, et des loges champestres.
A. I. ANT. DE BAIF