‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 3)Chapitre 65 sur 68 · EPIGRAMME PASTORAL · texte numérisé non relu

EPIGRAMME PASTORAL

Un Berger, un Chevrier et un Bouvier, venus

De Sicile, de Thebe, et de Smyme : cogneus

Des prez et des costaux, et des loges champestres,

Des brebis, des chevreaux, des bœufs: les meilleurs

Du flageol, du rebec et du cornet retors [maistres

Moutons, chèvres et bœufs, gardoyent dessus les bords

DArethuse, d'Ismene, et du Phrygien Xanthe.

L'un le hurt, Tun les jeux : le tiers les combats chante

Des béliers bien cornus, des folastres chevreaux,

Des taureaux mugissans : l'honneur des Pastoureaux,

Des Chevriers, des Bouviers, aussi sur tous les prise

Paies le dieu chevrier et le pasteur d'Amphyse,

D'un chapelet de fleurs couronnant le premier,

D'une branche de pin le second, le dernier.

D'un tortis de laurier. Mais Perot l'outrepasse,

Ce Berger, ce Chevrier, et ce Bouvier surpasse

D'autant que les moutons, les boucs et les taureaux.

Les aigneaux, les chevreaux, et les jeunes bouveaux.

Ou que les bleds, les monts et les maisons royales.

Les herbes, les coustaux, les cases pastorales :

Tant Perot fluste bien, fredonne et sonne ici

Du flageol, du rebec et du cornet aussi.

Son Chariot, son Annot, son Henriot ; les maistres

Des prez et des costaux, et des loges champestres.

A. I. ANT. DE BAIF

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