‹ Œuvres complètesChapitre 1 sur 372 · Oeuvres complètes · texte numérisé non relu

Oeuvres complètes

J'ai connu, à Rome, trois canonistes de marque : leur mort a provoqué d’unanimes regrets et leurs œuvres, toujours consultées avec fruit, leur survivront certainement. Leur caractère était absolument différent, leurs travaux même n’avaient rien de commun et, pour moi, ils constituaient trois degrés dans la science qu'ils cultivaient avec une égale ardeur.

Le français Bouix, qui manquait complètement de prestige, était un rude travailleur, qui composait des traités avec une ténacité sans pareille; peu aimable, on feuilletait ses livres, mais sans fréquenter sa personne1.

Msr Vecchiotti, ancien auditeur de la Nonciature de Paris, était, au contraire, gracieux et avenant, comme le sont en général les prélats de la cour romaine. Il a bien voulu m’honorer de son amitié et m’offrir son appendice au cours de droit canonique élémentaire du cardinal Soglia2.

Il est de mode, depuis quelque temps, dans nos journaux, de rechercher la formation intellectuelle des hommes publics ou le plus en évidence par leur talent et leur position sociale. La physiognomonie, si excellemment pratiquée par Ledos, et la graphologie, créée de toutes pièces par le regretté Michon, semblent ne plus suffire pour juger sûrement l’être intime, qui se dérobe aux regards curieux. On va plus loin et on demande aux individus eux-mêmes, scrutant leur passé, de nous révéler l’influence dominante, surtout les lectures des auteurs contemporains qui ont décidé de l’orientation de leur vie.

Si j’étais consulté à ce point de vue particulier, après avoir

Page 1