Vacances des séminaristes
1 . Lettre de l'auditeur général du cardinal Orsini sur le danger des vacances.
Parmi les soins les plus pressants qui incombent à notre charge pastorale, se place celui du séminaire, car de sa bonne direction dépend la bonne éducation des clercs, qui, en ville aussi bien que dans le diocèse, doivent être les ministres de Dieu et, suivant l’expression du concile de Trente, cooperatores corporis et sanguinis Domini. Aussi, pour remplir notre devoir en une si grande charge, comme on nous a représenté que les clercs de notre séminaire partent pour leur pays, où ils restent trois ou quatre mois par an et qu’ils y oublient leurs études, soit qu’ils ne puissent pas étudier commodément, soit qu’ils n’y aient pas de goût; de plus, qu’ils désapprennent la discipline à laquelle ils étaient soumis et abandonnent le service de l’église et la fréquentation des sacrements, qu’ils quittent même l’habit ecclésiastique, en sorte qu’ils sont plutôt un objet de scandale qu’un sujet d’édification ; en conséquence, ayant acquis l’expérience qu’un si long temps de vacance est un poison qui tue la bonté des clercs et leur candeur, qui déracine les plus fortes et solides vertus et est comme un écueil contre lequel se heurtent les vaisseaux les mieux conditionnés qui y font naufrage ; nous ordonnons que désormais chaque séminariste ne puisse quitter le séminaire que du 24 septembre au 24 octobre pour prendre des vacances, et que, s’il veut les prolonger, le recteur du séminaire pourra seul le lui permettre, pourvu qu’il paie d’avance entre les mains de l’économe tout le temps de son absence, comme s’il était présent, et, au cas où il aurait une bourse, qu’il doivé payer au prorata, mais une somme plus élevée que celle fixée par nous pour les pensionnaires payants. Nous ordonnons également que ceux qui partiront en vacances ne pourront le faire qu’accompagnés de lettres de recommandation adressées au curé ou au vicaire forain sur le modèle de celles vraiment dignes et incomparables que fit rédiger le glorieux S. Charles Borromée, archevêque de Milan, afin que les séminaristes soient encore tels hors du séminaire, portant avec eux un séminaire ambulant, selon l’esprit du concile de Trente qui ne veut pas qu'on se montre moins religieusement élevé en dehors qu’au dedans du séminaire. Ils devront rentrer le 23 octobre, la veille du synode, sous peine d’une amende de dix ducats à exiger sans rémission et appliquer au profit du séminaire. Enfin ils devront porter avec eux les lettres scellées dans lesquelles il sera répondu de point en point aux lettres de recommandation qui leur auront été remises au départ.
Celui qui, pour cause de maladie ou autre légitime empêchement, devra quitter le séminaire pour quelque temps, fera exception, pourvu que le motif ait reçu notre approbation ou celle du président du séminaire.
Nous permettons, en outre, que les séminaristes, pendant le mois qui précédera celui des vacances, puissent, tous les soirs, sortir pour respi-
rer la fraîcheur, pourvu que ce soit après la classe et non autrement, avec la modestie requise.
Et afin que notre édit soit connu de chacun, et qu’on ne puisse alléguer une excuse d’ignorance, nous [voulons qu’il soit souscrit par notre auditeur général, que le recteur le fasse lire devant tous les séminaristes réunis, puis l’affiche [dans un lieu opportun, à son choix, et qu’ainsi affiché il ait la même force et vigueur que s’il avait été personnellemeut intimé, notifié et présenté à tous et à chacun en particulier.
Donné à Bénévent, à notre archevêché, le 12 novembre 1698.
Jean, archiprêtre de Nicastro, auditeur général, par ordre spécial de son Eminence. — P. chanoine Santoro, chancelier.
2. — Lettres testimoniales adressées aux curés des séminaristes pour le temps des vacances.
N. Episcopus.
Multum Reverendo Domino N. N., archipresbytero oppidi N., nostræ diœcesis, salutem et benedictionem in Domino sempiternam.
Gum hoc tempore, ut valetudinis ratio postulat, dilectis in Ghristo nostri seminarii clericis ad suos lares redeundi facultatem fecerimus, ut ingenii corporisque vires, assiduis studiorum laboribus defatigatas, per dies aliquot reficiant. restaurentve (sed ita tamen ut relaxatio ecclesiasticam disciplinam redoleat quo vegetiores ad intermissa litterarum studia revertantur) : N. N., ejusdem seminarii alumnum, isthuc proficiscentem, his libi litteris commendamus atque jubemus ut quamdiu isthic morabitur, ejus totam vivendi rationem diligenter observes, atque hæc præcipue :
An quotidie mane et vespere orationi vacet?
An singulis quindenis diebus peccata sua probato sacerdoti confiteatur et sanctissimam eucharistiam sumat?
An diebus festis missæ conventuali reliquisve officiis in ecclesia sua superpelliceo indutus religiose intersit inserviatque ?
An ordinum quibus est initiatus funcliones fréquenter exerceatï
An doctrinam christianam in ecclesia sua, horis statis, doceat singulis diebus festis?
An clericali vestitu talari decenter utatur et eum jugiter déférât, tonsuramve gestet?
An aliquod armorum genus déférât, vel quidpiam aliud in diœcesani nostris synodis clericis prohibitum committat?
An cum laicis et præsertim mulieribus versetur?
Hæc, et si quæ sunt alia, a te quam diligentissime animadverti volumus.
Ubi vero redeundi tempus advenerit, tu literis sigillo tuo munitis, prius tamen vicarii foranei approbatione subscriptis, quidnam in singulis dictis capilibus aut alia in re excessus vel affectus extiterit (super quo conscientiam tuam oneramus) singillalim nobis cumulatissime significabis.
illud te admonemus hoc nobis ita cordi esse ut si unquam alias hoc tcmpore in primis a te præstari diligentissime veliraus.
Datum, etc. — N. Episcopus.