‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 2 sur 62 · SUR L'ESPRIT, ETC · texte numérisé non relu

SUR L'ESPRIT, ETC

cœur un noble orgueil , en voyant sa patrie donner au passé et à Tavenir cette grande leçon de reconnaissance nationale : assis près des débris d*un peuple mort, il cessa un moment de s'attendrir sur ces jeux de la for- * lune, pour se recueillir dans la pensée de son pays, et pour envoyer à un peuple plein de mouvement et de vie le tribut de son poète bien-aimé. Ainsi, à trois cents lieues de la France, au milieu des distractions du voyage , dans un monde plein de souvenirs, il n'oubliait pas sa sainte mission ; et il se faisait encore l'interprète du peuple, dans cet hommage funèbre rendu à un homme qui avait combattu sous le glorieux drapeau de Waterloo, et dont la vie, commencée dans les camps, usée par la guerre, avait achevé de s'éteindre dans les combats de la tribune.

Cette marche simultanée du poëte et de l'opinion publique , à travers les événements qui ont modifié l'état de la France depuis 1815, n'est-elle pas un fait éclatant dans la pièce qui termine ce recueil? La cause du poëte n'est-etle pas en 1830, comme en 1815, la cause du peuple? Et la victoire des trois grands jours ne devait-elle pas être chantée par le poëte des idées libérales?

Telles sont les destinées de la poésie chez les nations libres et civilisées, et de nos jours le sort du poëte est digne de son génie. . »

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