ACTE I, SCENE II. soi
LABRANCHE
Elle souffre que je la salue; elle me reçoit; elle me permet de lui dire des choses aimables , quand il m'en vient.
r.RISPIN.
Voilà tout?
LABRANCHE
Il y a bien une porte qui communique de son appartement au mien...
Et tu en uses?
LABRANCHE
Que non pas... Et les procédés donc, Crispiu! D'ailleurs je te dirai que cette |iorte est fermée par deux gros verrous qui donnent de son côté.
CRISPIN
Je comprends : tu as les procédés de ton côté , parce qu'elle a les verrous du sien.
LABRANCHE
Ail! si j'étais aussi sûr de gagner mon affaire contre ces verrous-là, que mon maître l'est de mènera bien celle qui nous conduit ici!...
CRISPIN
Vous venez pour un procès?
LABRANCHE
Contre un marchand de drap.
CRISPIN
Tu dois te sentir dans ton élément, car tu les détestes, les marchands de drap.
LABRANCHE
Outre la haine d'inslinct que je porte k l'espèce en gé-
302 LE COISSEiLLEU RAPPORTEUU.
néral, je m'en sens une effroyable contre M. Corniqnet, noire partie adverse.
CRISPIN
Il se nomme Corniquet? Cest un nom qui promet, si jamais il se marie.
làbranghe.
Il n'a eu garde d'y manquer. Il a épousé une femme auteur, ce qui a fait rire.
CRISPIN
Je le crois bien. Le mari d une femme auteur n'a pas besoin d'être autre chose pour être ridicule.
LABRANGHE.
Ne s'est-il pas imaginé qu'il était autre chose , et cela, de la façon d'un ami k nous, du jeune et savant Yalère, le docteur de Paris qui traitait le mieui les femmes, el qui en était le mieux traité^ et puis, un garçon d'esprit en médecine, de conscience : il en vivait, mais il n'y croyait pas.
CRISPIN
Sais-tu que la robe des médecins rapporte presque autant que la vôtre?
LABRANCIIË.
Les médecins ont même un grand avantage sur nous : nos clients crient quand ils perdent leurs procès, an lieu que les leurs ne disent Jamais rien.
CRISPIN
Ils y mettent bon ordre.
LABRANGHE.
Eh bien! mon enfant, ce G>rniquet, qui a cru que son nom avait tenu parole, s'est cabré, il a fait fracas de sou accident , il a trouvé des témoins pour une chose qui n'en