ACTE I, SCENE IX
LA POMMERAIE
Mais, monsieur ic président... (Bas i Dorante.) Tire-moi delà.
DORANTE
Monsieur le président , c'est une plaisanterie.
LE PRÉSIDENT
Votre serviteur, monsieur Tavocat! Je comprends les plaisanteries , je les admets pourvu qu'elles soient posées, qu'elles soient digues, qu'elles soient sages. Enfin, je permets le vin de Champagne, mais je veux qu'on y mette de l'eau.
DORANTE , bai i La Pommeraie.
Que le diable m'emporte si je ne grise pas ton beaupère aujourd'hui !
LA POMMERAIE , bas i Dorante.
Je t'en défie.
Celle-ci a passé les bornes , et j'entends qu'on m'explique une facétie qui n'aurait pas d'excuse dans les sa^ tornales du mardi-gras.
DORANTE , le prenant par le bras.
Pas de bruit, monsieur le président, pas de scandale! La chose est grave.
LE PRÉSIDENT
Gomment?
DORANTE
Infiniment grave... 11 agit par ordre.
LE PRÉSIDENT
Par ordre de qui?
DORANTE
Il a été question de La Pommeraie en très-haut lieu.
Mon but avoué, en venant ici, était de plaider^ mon bul occulte... comprenez bien la valeur du aiot.
LE PRÉSIDENT
Je comprends.
DORANTE
Mon but occulte était de lui confier une mission qui vient de haut, de très-haut, et qui peut le mener il (oui.
Et quelle est cette mission?
DORANTE
C'est, monsieur le président... c'est... vous ne pouve» pas vous imaginer pas ce que c'est.
LA POMHERAIE, à part.
Ni moi non plus.
LE PRÉSIDENT
Non, je ne me l'imagine pas.
DORANTE
Cherchez un peu... ( a pan.) Il me donnera le temps de chercher moi-même.
LE PRÉSIDENT
C'est...
DORANTE
Un secret d'état. (Bas, à La Pommeraie.) Soutiens*moi donc!
LA POMMERAIE
Oui, monsieur le président, un secret d'état.
DORANTE
Il s'agit... d'un complot.
LE PRÉSIDENT
D'un complot!
LA POMMERAIE, à part.
Commencer par mentir k la justice !