‹ Œuvres complètesChapitre 113 sur 135 · LA FONTAINE DE SANG · texte numérisé non relu

LA FONTAINE DE SANG

Il me semble parfois que mon sang coule à flots, Ainsi qu'une fontaine aux rhythmiques sanglots. Je Tentends bien qui coule avec un long murmure, Mais je me tâte en vain pour trouver ia blessure.

A travers la cité, comme dans un champ clos, Il s'en va, transformant les pavés en îlots, Désaltérant la soif de chaque créature.

Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine; Le vin rend l'œil plus clair et l'oreille plus finel

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux; Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles Fait pour donner à boire à ces cruelles fillesl

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