‹ Œuvres complètesChapitre 24 sur 135 · LE SERPENT QUI DANSE · texte numérisé non relu

LE SERPENT QUI DANSE

Que j'aime voir, chère indolente,

De ton corps si beau, Comme une étoile vacillante,

Miroiter la peauî

Sur ta chevelure profonde

Aux acres parfums, Mer odorante et vagabonde

Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille

Au vent du matin, Mon âme rêveuse appareille

Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle

De doux ni d*amer.

Sont deux bijoux froids où se môle

L'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,

Belle d'abandon , On dirait un serpent qui danse

Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse

Ta tête d'enfant Se balance avec la mollesse

D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge Comme un fin vaisseau

Qui roule bord sur bord et plonge Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte Des glaciers grondants,

Quand l'eau de ta bouche remonte Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême, .

Amer et vainqueur, Un ciel liquide qui parsème

D'étoiles mon cœuri

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