‹ Œuvres complètesChapitre 29 sur 135 · DUELLUM · texte numérisé non relu

DUELLUM

Deux guerriers ont couru l'un sur Tautre; leurs armes Ont éclaboussé Tair de lueurs et de sang.

— Ces jeux, ces cliquetis du fer sont les vacarmes D'une jeunesse en proie à Tamour vagissant.

Les glaives sont brisés! comme notre jeunesse. Ma chère ! Mais les dents , les ongles acérés , Vengent bientôt Tépée et la dague traîtresse.

— 0 fureur des cœurs mûrs par Tamour ulcérés I

Dans le ravin hanté des chats-pards et des onces Nos héros, s'étreignant méchamment, ont roulé, Et leur peau fleurira l'aridité des ronces.

— Ce gouffre, c'est l'enfer, de nos amis peuplé! Roulons-y sans remords, amazone inhumaine, Afin d'éterniser l'ardeur de notre haine I

LE B.VLGON

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, 0 toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs I Tu te rappelleras la beauté des caresses, La douceur du foyer et le charme des soirs. Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses l

Les soirs illuminés par Tardeur du charbon. Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses. Que ton sein m'était doux ! que ton cœur m'était bon I Nous avons dit souvent d'impérissables choses Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! que le cœur est puissant ' En me penchant vers toi, reine des adorées, Je croyais respirer le parfum de ton sang. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées I

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,

Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles ^

Et je buvais ton souffle, ô douceur, ô poison !

Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,

Et revis mon passé blotti dans tes genoux.

Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses

Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux?

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses I

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront -ils d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être lavés au fond des mers profondes? — 0 serments I ô parfums I ô baisers infinis 1

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