‹ Œuvres complètesChapitre 32 sur 135 · LE PARFUM · texte numérisé non relu

LE PARFUM

Lecteur, as-tu quelquefois respiré Avec ivresse et lente gourmandise Ce grain d'encens qui remplit une église, Ou d'un sachet le musc invétéré?

Charme profond, magique, dont nous grise Dans le présent le passé restauré I Ainsi l'amant sur un corps adoré Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds, Vivant sachet, encensoir de Talcôve, Une senteur montait, sauvage et fauve.

Et des habits, mousseline ou velours.

Tout imprégnés de sa jeunesse pure, Se dégageait un parfum de fourrure.

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