‹ Œuvres complètesChapitre 84 sur 135 · LE COUCHER DU SOLEIL ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

LE COUCHER DU SOLEIL ROMANTIQUE

Que le Soleil est beau quand tout frais il se lève. Comme une explosion nous lançant son bonjour I

— Bienheureux celui-là qui peut avec amour Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêvel

Je me souviens L.. Tai vu tout, fleur, source, sillon Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite..

— Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite. Pnnr nffraper au moins un oblique rayon!

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire; L'irrésistible Nuit établit son empire, IVoire, humide, funeste et pleine de frissons;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage. Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage, Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

SUR LE TASSE EN PBISOl^

D'eUGÈNE DELACROIX

Le poète au cachot, débraillé, maladif, Roulant un manuscrit sous son pied convulsif, Mesure d'un regard que la terreur enflamme L'escalier de vertige où s'abîme son âme.

Les rires enivrants dont s'emplit la prison Vers l'étrange et l'absurde invitent sa raison; Le Doute l'environne, et la Peur ridicule, Hideuse et multiforme, autour de lui circule.

Ce génie enfermé dans un taudis malsain,

Ces grimaces, ces cris, ces spectres dont l'essaîm

Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,

Ce rêveur que l'horreur de son logis réveille. Voilà bien ton emblème, Ame aux songes obscurs, Que Je Réel étouffe entre ses quatre murs 1

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