DES CRIMES INEXPIABLES
Il paroît, par un passage des livres des pontifes, rapporté par Gicéron\ qu'il y avoit chez les Romains des crimes^ inexpiables; et c'est là-dessus que Zozime fonde le récit si propre à envenimer les motifs de la conversion de Constantin, et Julien cette raillerie amère qu'il fait de celte même conversion dans ses Césars ^
La religion païenne, qui ne cléfendoit que quelques crimes grossiers, qui arrètoit la main et abandonnoit le cœur, pouvoit avoir des crimes inexpiables ; mais une religion qui enveloppe toutes les passions; qui n'est pas plus jalouse des actions que des désirs et des pensées; qui ne nous tient point attachés par quelques chaînes, mais par un nombre innombrable de fils; qui laisse derrière elle la justice humaine, et commence une autre justice; qui est faite pour nHener sans cesse du repentir à l'amour, et de l'amour au repentir ; qui met entre le juge et le criminel un grand médiateur, entre le juste et le médiateur un