‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 174 sur 496 · Sup. XXIV, VII · texte numérisé non relu

Sup. XXIV, VII

DE L'ESPRIT DES LOIS

qu'une volonté capricieuse et traasitoire du souverain. Si^ dans ces États, les lois de la religion étoient de la nature des lois humaines, les lois de la religion ne seroient rien non plus : il est pourtant nécessaire à la société qu'il y ait quelque chose de fixe; et c'est cette religion qui est quelque chose de fixe.

3° La force principale de la religion vient de ce qu'on la croit ^; la force des lois humaines vient de ce qu'on les craint. L'antiquité convient à la religion, parce que souvent nous croyons plus les choses à mesure qu'elles sont plus reculées ; car nous n'avons pas dans la tête des idées accessoires tirées de ces temps-là, qui puissent les contredire. Les lois humaines, au contraire, tirent avantage (Je leur nouveauté^ qui annonce une attention particulière et actuelle du législateur, pour les faire observer.

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