‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 176 sur 496 · Inf. XXIX, XI · texte numérisé non relu

Inf. XXIX, XI

DE L'ESPRIT DES LOIS

naturelle. Il suffisoit de l'obliger d'en instruire une de ses plus proches parentes, qui veillât à la conservation de l'enfant.

Quel autre aveu pourroit-elle faire dans ce supplice de la pudeur naturelle? L'éducation a augmenté en elle l'idée de la conservation dé cette pudeur; et à peine, dans ces moments, est-il resté en elle une idée de la perte de la vie

On a beaucoup parlé d'une loi d'Angleterre % qui permettoità une fille de sept ans de se choisir un mari. Cette loi étoit révoltante de deux manières : elle n'avoit aucun égard au temps de la maturité que la nature a donné à l'esprit, ni au temps de la maturité qu'elle a donné au corps.

Un père pouvoit, chez les Romains, obliger sa fille à répudier son mari % quoiqu'il eût lui-même consenti au mariage. Mais il est contre la nature que le divorce soit mis entre les mains d'un tiers.

Si le divorce est conforme à la nature, il ne l'est que lorsque les deux parties, ou au moins une d'elles, y consentent; et lorsque ni l'une ni l'autre n'y consentent, c'est un monstre que le divorce. Enfin, la faculté du divorce ne peut être donnée qu'à ceux qui ont les incommodités du mariage, et qui sentent le moment où ils ont intérêt de les faire cesser.

1. Cet alinéa n'est pas dans A. B. C'est une réponse aux Observations de Grosley.

2. M. Bayle, dans sa Critique de l'histoire du calvinisme, parle de cette loi, p. 293. {M.)

3. Voyez la loi 5, au Cod. de Repudiis et Judicio de moribus sublato, (M.) C'était la conséquence de la toute-puissance du père de famille.

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