‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 207 sur 496 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

qu'il FA.UT EXAMINER SI LES LOIS QUI PAROISSENT SE CONTREDIRE SONT DU MEME ORDRE.

A Rome il fut permis au mari de prêter sa femme à un autre. Plutarque nous le dit formellement * . On sait que Gaton prêta sa femme à Hortensius^ et Gaton n'étoit point homme à violer les lois de son pays.

D'un autre côté, un mari qui soufFroit les débauches de sa femme, qui ne la mettoit pas en jugement, ou qui la reprenoit^ après la condamnation, étoit puni. Ces lois paroissent se contredire, et ne se contredisent point. La loi qui permettoit à un Romain de prêter sa femme, est visiblement une constitution lacédémonienne * , établie pour donner à la république des enfants d'une bonne espèce, si j'ose me servir de ce terme ; l'autre avoit pour objet de conserver les mœurs. La première étoit une loi politique, la seconde une loi civile.

1. Plutarque, dans sa Comparaison de Lijcurgue et de Numa, (M.)

2. Plutarque, Vie de Caton. Cela se passa de notre temps, dit Strabon,, liv. XT. (M.) Gaton céda sa femme à Hortensius en divorçant d'avec elle, et la reprit après la mort d'Hortensius. C'est une conduite qui nous choque à juste raison; mais il ne prêta pas sa femme à la façon Spartiate, et il n'y a pas de loi romaine qui autorise cet adultère de convention.

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