Ch. Lxi, p. 309. (M
DE L'ESPRIT DES LOIS
sentir le meilleur. Quand on vit dans ses tribunaux^ quand on vit dans ceux des seigneurs \ une manière de procéder plus naturelle, plus raisonnable, plus conforme à la morale, à la religion, à la tranquillité publique, à la sûreté de la personne et des biens, on la prit, et on abandonna l'autre.
Inviter, quand il ne faut pas contraindre; conduire, quand il ne faut pas commander, c'est l'habiJeté suprême. La raison a un empire naturel ; elle a même un empire tyrannique : on lui résiste, mais cette résistance est son triomphe ; encore un peu de temps, et l'on sera forcé de revenir à elle
Saint Louis, pour dégoûter de la jurisprudence françoise, fit traduire les livres du droit romain, afin qu'ils fussent connus des hommes de loi de ces tencips-là. Défontaines, qui est le premier ^ auteur de pratique que nous ayons, fit un grand usage de ces lois romaines ; son ouvrage est, en quelque façon, un résultat de l'ancienne jurisprudence françoise, des lois ou Établissements de saint Louis, et de la loi romaine^. Beaumanoir fit peu d'usage de la loi romaine; mais il concilia l'ancienne jurisprudence françoise avec les règlements de saint Louis.
C'est dans l'esprit de ces deux ouvrages, et surtout de celui de Défontaines, que quelque bailli, je crois, fit Tou-