‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 371 sur 496 · CONTINUATION DU MEME SUJET. NECESSITE DE BIEN COMPOSER LES LOIS · texte numérisé non relu

CONTINUATION DU MEME SUJET. NECESSITE DE BIEN COMPOSER LES LOIS

La loi de l'ostracisme fut établie à Athènes, à Argos, et à Syracuse*. A Syracuse elle fit mille maux, parce qu elle fut faite sans prudence. Les principaux citoyens se bannissoient les uns les autres, en se mettant une feuille de figuier à la main ^ ; de sorte que ceux qui avoient quelque mérite quittèrent les affaires. A Athènes, où le législateur avoit senti l'extension et les bornes qu'il devoit donner à sa loi, l'ostracisme fut une chose admirable : on n'y soumettoit jamais qu'une seule personne ; il falloit un si grand nombre de suffrages, qu'il étoit difficile qu'on exilât quelqu'un dont l'absence ne fût pas nécessaire ^

On ne pouvoit bannir que tous les cinq ans : en effet, dès que l'ostracisme ne devoit s'exercer que contre un grand personnage qui donneroit de la crainte à ses concitoyens, ce ne devoit pas être une affaire de tous les jours ^.

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