‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 108 sur 181 · SEPTIÈME OBJECTION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME OBJECTION

Elle est tirée du chapitre i*'" du livre 1"% où l'auteur, après avoir dit <( que l'homme étoit un être borné », a ajouté : «Un tel être pouvoit à tous les instants oublier son créateur; Dieu l'a rappelé à lui par les lois de la religion. » Or, dit-on, quelle est cette religion dont parle l'auteur? Il parle sans doute de la religion naturelle ; il ne croit donc que la religion naturelle.

RÉPONSE

Je suppose encore un moment que cette manière de raisonner soit bonne, et que, de ce que l'auteur n'auroit parlé là que de la religion naturelle, on en put conclure

qu'il ne croit que la religion naturelle, et qu'il exclut la religion révélée. Je dis que dans cet endroit il a parlé de la religion révélée, et non pas de la religion naturelle; car s'il avoit parlé de la religion naturelle, il seroit un idiot. Ce seroit comme s'il disoit : un tel être pouvoit aisément oublier son créateur, c'est-à-dire la religion naturelle; Dieu l'a rappelé à lui par les lois de la religion naturelle ; de sorte que Dieu lui auroît donné la religion naturelle pour perfectionner en lui la religion naturelle. Ainsi, pour se préparer à dire des invectives à l'auteur, on commence par ôter à ses paroles le sens du monde le plus clair, pour leur donner le sens du monde le plus absurde; et, pour avoir meilleur marché de lui, on le prive du sens commun.

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