‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 37 sur 181 · ETABLISSEMENT DES DIMES · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DES DIMES

Les règlements faits sous le roi Pépin avoient plutôt donné à l'Eglise l'espérance d'un soulagement qu'un soulagement efTectif; et, comme Charles Martel trouva tout le patrimoine public entre les mains des ecclésiastiques, Charlemagne trouva les biens des ecclésiastiques entre les mains des gens de guerre. On ne pouvoit faire restituer à ceux-ci ce qu'on leur avoit donné ; et les circonstances où l'on étoit pour lors rendoient la chose encore plus impraticable qu'elle n'étoit de sa nature. D'un autre côté, le christianisme ne devoit pas périr, faute de ministres, de temples et d'instructions ^

Cela fit que Charlemagne établit les dîmes, nouveau genre de bien, qui eut cet avantage pour le clergé, qu'étant singulièrement donné à l'Église, il fut plus aisé dans la suite d'en reconnoître les usurpations-.

On a voulu donner à cet établissement des dates bien plus reculées ; mais les autorités que l'on cite me semblent être des témoins contre ceux qui les allèguent. La con-

1. Dans les guerres civiles qui s'élevèrent du temps de Charles Martel, les biens de l'Église de Reims furent donnés aux laïques. On laissa le cierge subsister comme il pourrait, est-il dit dans la vie de saint Remy. Surius, tome I, p. 279. (M.)

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