‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 78 sur 181 · DE LA NATURE DES FIEFS DEPUIS LE REGNE DE CHARLES LE CHAUVE · texte numérisé non relu

DE LA NATURE DES FIEFS DEPUIS LE REGNE DE CHARLES LE CHAUVE

J'ai dit que Charles le Chauve voulut que, quand le possesseur d'un grand office ou d'un fief laisseroit en mourant un fils, l'office ou le fief lui fût donné. Il serolt difficile de suivre le progrès des abus qui en résultèrent, et de l'extension qu'on donna à cette loi dans chaque pays. Je trouve dans les Livres des Fiefs\ qu'au commencement du règne de l'empereur Conrad II, les fiefs, dans les pays de sa domination, ne passoient pohit aux petits-fils; ils passoient seulement à celui des enfants du dernier possesseur que le seigneur avoit choisi - : ainsi les fiefs furent donnés par une espèce d'élection que le seigneur fit entre ses enfants.

J'ai expliqué, au chapitre XVII de ce livre, comment, dans la seconde race, la couronne se trouvoit à certains égards élective, et à certains égards héréditaire. Elle étoit héréditaire, parce qu'on prenoit toujours les rois dans cette race ; elle l'étoit encore, parce que les enfants succédoient ; elle étoit élective, parce que le peuple choisissoit entre

t. Liv. I, tit. I. (M.)

2. Sic progressum est, ut ad filios deceniret in queni dominus hoc vellet beneficium confirmare. Ibid. (M.)

les enfants. Comme les choses vont toujours de proche en proche, et qu'une loi politique a toujours du rapport à une autre loi politique, on suivit pour la succession des fiefs le même esprit que l'on avoit suivi pour la succession à la couronne ^ Ainsi les fiefs passèrent aux enfants, et par droit de succession et par droit d'élection ; et chaque fief se trouva, comme la couronne, électif et héréditaire.

Ce droit d'élection dans la personne du seigneur, ne subsistoit^ pas du temps des auteurs des Livres des Fiefs^, c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Frédéric P.

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