‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 108 sur 251 · DIÎUX CAUSES DE LA PERTE DE ROME · texte numérisé non relu

DIÎUX CAUSES DE LA PERTE DE ROME

Lorsque la domination de Rome étoit bornée dans l'Italie, la république pouvoit facilement subsister. Tout soldat étoit également citoyen : chaque consul levoit une armée; et d'autres citoyens alloient à la guerre sous celui qui succédoit. Le nombre des troupes n'étant pas excessif, on avoit attention à ne recevoir dans la milice que des gens qui eussent assez de bien pour avoir intérêt à la conservation de la ville*. Enfin ^ le sénat voyoit de près la conduite des généraux, et leur ôtoit la pensée de rien faire contre leur devoir.

Mais, lorsque les légions passèrent les Alpes et la mer, les gens de guerre, qu'on étoit obligé de laisser pendant plusieurs campagnes dans les pays que l'on soumettoit,

1. Les affranchis, et ceux qu'on appeloit capite censi, parce qu'ayant très-peu de bien ils n'étoient taxés que pour leur tête, ne furent point d'abord enrôlés dans la milice de terre, excepté dans les cas pressants. Servius TuUius les avoit mis dans la sixième classe, et on ne prenoit des soldats que dans les cinq premières. Mais Marins, partant contre Jugurtha, enrôla indifféremment tout le monde : Milites scribere, dit Salluste, non more majorum, neque ex classibus, sed uti cujusque libido erat. capite censos plerosque. De bello Jugurth.V^ema.rquez que, dans la division par tribus, ceux qui ctoient dans les quatre tribus de la ville étoient à peu près les mêmes que ceux qui, dans la division par centuries, étoient dans la sixième classe. (M.)

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