‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 111 sur 251 · Jus Latii, jus italicum. (M · texte numérisé non relu

Jus Latii, jus italicum. (M

2. Les Eques disoient, dans leurs assemblées : « Ceux quiontpu choisir ont préféré leurs lois au droit de la cité romaine, qui a été une peine nécessaire pour ceux qui n'ont pu s'en défendre. » Tite-Live, liv. IX , chap. XLV. (M.)

3. Les Asculans, les Marses, les Vestins, les Marrucins, les Férentans, les Hirpins, les Pompéians, les Vénusiens, les Japyges, les Lucaniens, les Samnites et autres. Appicn, De la guerre civile, liv. I, chap. xxxix. (M.)

4. Les Toscans, les Ombriens, les Latins. Cela porta quelques peuples se soumettre ; et, comme on les fit aussi citoyens, d'autres posèrent encore les armes ; et enfin il ne resta que les Samnites, qui furent exterminés. (M )

dépendance de quelque grand protecteur ^ La ville déchi- ' rée ne forma plus un tout ensemble : et, comme on n'en étoit citoyen que par une espèce de fiction ; qu'on n'avoit plus les mêmes magistrats, les mêmes murailles, les mêmes dieux, les mêmes temples, les mêmes sépultures, on ne vit plus Rome des mêmes yeux, on n'eut plus le même amour pour la patrie, et les sentiments romains ne furent plus ^

Les ambitieux firent venir à Rome des villes et des nations entières, pour troubler les suffrages, ou se les faire donner; les assemblées furent de véritables conjurations; on appela coinices une troupe de quelques séditieux; l'autorité du peuple, ses lois, lui-même, devinrent des choses chimériques, et l'anarchie fut telle, qu'on ne put plus savoir si le peuple avoit fait une ordonnance, ou s'il ne l'avoit point faite ^

On n'entend parler, dans les auteurs, que des divisions qui perdirent Rome; mais on ne voit pas que ces divisions y étoient nécessaires, qu'elles y avoient toujours été et

1. Qu'on s'imagine cette tête monstrueuse des peuples d'Italie, qui, par le suffrage de chaque liommc, conduisoit le reste du monde. (M.)

2. Bossuet, Disc, III^ partie, cliap. vi. « Rome, épuisée par tant de guerres civiles et étrangères, se fit tant de nouveaux citoyens, ou par brigue, ou par raison, qu'à peine pouvoit-elle se reconnoître elle-même parmi tant d'étrangers qu'elle avoit naturalisés. Le sénat se rcmplissoit de barbares, le sang romain se mêloit, l'amour de la patrie par lequel Rome s'étoit élevée au-dessus de tous les peuples du monde, n'étoit pas naturel à ces citoyens venus du dehors, et les autres se gàtoient par le mélange. Les partialités se multiplioient avec cette prodigieuse multiplicité de citoyens nouveaux; et les esprits turbulents y trouvoient de nouveaux moyens de brouiller et d'entreprendre... Les grands ambitieux et les misérables, qui n'ont rien à perdre, aiment toujours le changement. Ces deux genres de citoyens préval oient dans Rome; et l'état mitoyen, qui seul tient tout en balance dans les Etats populaires, étant le plus foiblc, il falloit que la république tombât. »

3. Voyez les Lettres de Cicéron à Atlicus, liv. IV, lettre 18. (M.)

qu'elles y dévoient toujours être K Ce fut uniquement la grandeur de la république qui fit le mal, et qui changea en guerres civiles les tumultes populaires. Il falloit bien qu'il y eût à Rome des divisions : et ces guerriers si fiers, si audacieux, si terribles au dehors, ne pouvoient pas être bien modérés au dedans. Demander, dans un État libre, des gens hardis dans la guerre, et timides dans la paix, c'est vouloir des choses impossibles : et, pour règle générale, toutes les fois qu'on verra tout le monde tranquille dans un État qui se donne le nom de république, on peut être assuré que la liberté n'y est pas.

Ce qu'on appelle union dans un corps politique, est une chose très-équivoque : la vraie est une union d'harmonie, qui fait que toutes les parties , quelque opposées qu'elles nous paroissent, concourent au bien général de la société ; comme des dissonances, dans la musique, concourent à l'accord total. Il peut y avoir de l'union dans un État où on ne croit voir que du trouble ; c'est-à-dire, une harmonie d'où résulte le bonheur, qui seul est la vraie paix ^ 11 en est comme des parties de cet univers, éternellement liées par l'action des unes, et la réaction des autres.

Mais, dans l'accord du despotisme asiatique S c'est-cà-

1. Avant Montesquieu , Machiavel avait fait la môme remarque. Discours politiques, liv. I, chap. iv. Dans la tranquillité du xvii* et du xvin"' siècle on ne comprend plus que ces agitations de la liberté ne sont qu'apparentes; c'est l'effervescence d'un peuple qui fait lui-même ses affaires, et qui ne vit pas esclave muet d'un souverain. Au xvi* siècle, parmi les guerres et les discordes civiles, on appréciait mieux la vie romaine; il en est de même aujourd'hui. Pour juger de la liberté et de ses effets, il faut en jouir. Voyez inf., chap. xui, les judicieuses réflexions de l'auteur sur Vordre qu'établit Auguste.

Page 1