‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 178 sur 251 · Ce paragraphe n'est point dans A · texte numérisé non relu

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2. Ils ne vouloicnt pas s'assujettir aux travaux des soldats romains. Voyez Ammien Marccllin, liv. XVIII, qui dit, comme une chose extraordinaire, qu'ils s'y soumirent en une occasion, pour plaire à Julien, qui vouloit mettre des places en état de défense. (M.)

y avoit vu des généraux condamner à mourir leurs enfants, pour avoir, sans leur ordre, gagné la victoire : mais, quand ils furent mêlés parmi les Barbares, ils y contractèrent un esprit d'indépendance qui faisoit le caractère de ces nations : et, si l'on lit les guerres de Bélisaire contre les Goths, on verra un général presque toujours désobéi par ses officiers.

Sylla et Sertorius, dans la fureur des guerres civiles, aimoient mieux périr que de faire quelque chose dont Mithridate pût tirer avantage ; mais, dans les temps qui suivirent, dès qu'un ministre ou quelque grand crut qu'il importoit à son avarice, à sa vengeance, à son ambition, de faire entrer les Barbares dans l'empire, il le leur donna d'abord à ravager \

Il n'y a point d'État où l'on ait plus besoin de tributs que dans ceux qui s'affoiblissent ; de sorte que l'on est obligé d'augmenter les charges, à mesure que l'on est moins en état de les porter ; bientôt, dans les provinces romaines, les tributs devinrent intolérables.

11 faut lire, dans Salvien, les horribles exactions que l'on faisoit sur les peuples ^ Les citoyens poursuivis par les traitants, n'avoient d'autre ressource que de se réfugier chez les Barbares, ou de donner leur liberté au premier qui la vouloit prendre.

Ceci servira à expliquer, dans notre histoire françoise,

1. Cela n'étoit pas étonnant dans ce mélange avec des nations qui avoient été errantes, qui ne connoissoient point de patrie, et où souvent des corps entiers de troupes se joignoicnt à l'ennemi qui les avoit vaincus contre leur nation même. Voyez, dans Procopc, ce que c'étoit que les Goths sous Vitigès. (M.)

2. Voyez tout le cinquième livre De Gubernatione Dei. \oyez aussi dans VAmbassade écrite par Priscus, le discours d*un Romain établi parmi les Huns, sur sa félicité dans ce pays-là. (M.)

cette patience avec laquelle les Gaulois souffrirent la révolution qui devoit établir cette différence accablante, entre une nation noble et une nation roturière*. Les Barbares, en rendant tant de citoyens esclaves de la glèbe, c'està-dire du champ auquel ils étoient attachés, n'introduisirent guère rien qui n'eût été plus cruellement exercé avant eux^

1. A. Et une nation roturière, une nation qui se réservoit la liberté et l'exercice des armes, et une autre, destinée par la loi de sa servitude à cultiver les champs auxquels chaque particulier devoit être attaché pour jamais

2. Voyez encore Salvien, liv. V; et les lois du Code et du Digeste làdessus. (M.)

a Ceci est trop absolu. Montesquieu est reyenu à des idées plus justes. Esprit des lois, XX, 10

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