‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 20 sur 251 · Colardeau · texte numérisé non relu

Colardeau

Les dieux n'ont pas formé de plus noble assemblage Sans doute elles seroient leur plus parfait ouvrage S'ils leur avoient donné, plus distraits dans leurs soins, Quelques grâces de plus, quelques beautés de moins.

LE TEMPLE DE GNIDE

venu lui-même, plus distingué par son amour que par la pourpre royale : il passoit les jours et les nuits à dévorer de ses regards les charmes d'Oriane : ses yeux erroient sur son beau corps, et ses yeux ne se lassoient jamais Hélas! disoit-il, je suis heureux; mais c'est une chose qui n'est sue que de Vénus et de moi : mon bonheur seroit plus grand, s'il donnoitde l'envie! Belle reine, quittez ces vains ornements ; faites tomber cette toile importune; montrez-vous à l'univers; laissez le prix de la beauté, et demandez des autels.

Auprès de là étoient vingt Babyloniennes : elles avoient des robes de pourpre brodées d'or; elles croyoient que leur luxe augmentoit leur prix. Il y en avoit qui portoient, pour preuve de leur beauté, les richesses qu'elle leur avoit fait acquérir.

Plus loin, je vis cent femmes d'Egypte, qui avoient les yeux et les cheveux noirs. Leurs maris étoient auprès d'elles, et ils disoient : Les lois nous soumettent à vous en l'honneur d'Isis - : mais votre beauté a sur nous un empire plus fort que celui des lois; nous vous obéissons avec le même plaisir que l'on obéit aux dieux; nous sommes les plus heureux esclaves de l'univers.

Le devoir vous répond de notre fidélité; mais il n'y a que l'amour qui puisse nous promettre la vôtre.

Soyez moins sensibles à la gloire que vous acquerrez à Gnide, qu'aux hommages que vous pouvez trouver dans votre maison, auprès d'un mari tranquille, qui, pendant

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