Psiscal, Pensées, 2" partie, art
GRANDEUR DES ROMAINS, GHAP. XXII. 30a
que, lorsqu'aux yeux du monde elle paroît triompher, c'est le temps ordinaire de son abaissement.
Pour expliquer cet événement fameux de la conquête de tant de pays par les Arabes, il ne faut pas avoir recours au seul enthousiasme. Les Sarrasins étoient, depuis longtemps, distingués parmi les auxiliaires des Romains et des Perses; les Osroéniens et eux étoient les meilleurs hommes de trait qu'il y eût au monde; Alexandre Sévère et Maximin en avoient engagé à leur service autant qu'ils avoient pu, et s'en étoient servis avec un grand succès contre les Germains, qu'ils désoloient de loin : sous Valens, les Goths ne pouvoient leur résister'; enfin, ils étoient"-, dans ces temps-là, la meilleure cavalerie du monde.
Nous avons dit que, chez les Romains, les légions d'Europe valoient mieux que celles d'Asie ; c'étoit tout le contraire pour la cavalerie : je parle de celle des Parthes, des Osroéniens, et des Sarrasins; et c'est ce qui arrêta les conquêtes des Romains; parce que, depuis Antiochus, un nouveau peuple tartare, dont la cavalerie éloit la meilleure du monde, s'empara de la haute Asie.
Cette cavalerie étoit pesante % et celle d'Europe étoit légère; c'est aujourd'hui tout le contraire. La Hollande et la Frise n'étoient point, pour ainsi dire, encore faites ^; et l'Allemagne étoit pleine de bois, de lacs et de marais, où la cavalerie servoit peu ^
Depuis qu'on a donné un cours aux grands fleuves, ces