C'est-à-dire leur rendirent la pareille
DES R03IAINS, CIIAP. XXII.
accusant, à leur tour, de magie ^ : et, montrant au peuple les églises dénuées d'images, et de tout ce qui avoit fait, jusque-là, l'objet de sa vénération, ils ne lui laissèrent point imaginer qu'elles pussent servir à d'autre usage qu'à sacrifier aux démons.
Ce qui rendoit la querelle sur les images si vive, et fit que, dans la suite, les gens sensés ne pouvoient pas proposer un culte modéré, c'est qu'elle étoit liée à des choses bien tendres : il étoit question de la puissance, et les moines l'ayant usurpée, ils ne pouvoient l'augmenter ou la soutenir qu'en ajoutant sans cesse au culte extérieur, dont ils faisoient eux-mêmes partie. Voilà pourquoi les guerres contre les images furent toujours des guerres contre eux; et que, quand ils eurent gagné ce point, leur pouvoir n'eut plus de bornes.
11 arriva, pour lors, ce que l'on vit quelques siècles après, dans la querelle qu'eurent Barlaam et Acyndine contre les moines", et qui tourmenta cet empire jusqu'à sa destruction. On disputoit si la lumière qui apparut autour de Jésus-Christ sur le Thabor étoit créée ou incréée. Dans le fond, les moines ne se soucioient pas plus qu'elle fût l'un que l'autre; mais, comme Barlaam les attaquoit directement eux-mêmes, il falloit nécessairement que cette lumière fut incréée.
La guerre que les empereurs iconoclastes déclarèrent aux moines fit que l'on reprit un peu les principes du gouvernement ; que l'on employa, en faveur du public,
1. Léon le grammairien, Vie de Léon l'Arménien. Ibid. Vie de Théophile. Voyez Suidas, à Tarticle Constantin, fils de Léon. (M.)