‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 206 sur 251 · A. de nos papes, etc. Leçon corrigée dans Verratum · texte numérisé non relu

A. de nos papes, etc. Leçon corrigée dans Verratum

ner part; ils ne cessèrent de faire du bruit partout, et d'agiter ce monde qu'ils avoient quitté.

Aucune affaire d'État, aucune paix, aucune guerre, aucune trêve, aucune négociation, aucun mariage ne se traita que par le ministère des moines : les conseils du prince en furent remplis, et les assemblées de la nation presque toutes composées.

On ne sauroit croire quel mal il en résulta. Ils affoiblirent l'esprit des princes, et leur firent faire imprudemment même les choses bonnes. Pendant que Basile occupoit les soldats de son armée de mer à bâtir une église à saint Michel, il laissa piller la Sicile par les Sarrasins et prendre Syracuse; et Léon, son successeur, qui employa sa flotte au même usage, leur laissa occuper Tauroménie et l'île de Lemnos^

Andronic Paléologue abandonna la marine, parce qu'on l'assura que Dieu étoit si content de son zélé pour la paix de l'Église, que ses ennemis n'oseroient l'attaquer. Le même craignoit que Dieu ne lui demandât compte du temps qu'il employoit à gouverner son Etat, et qu'il déroboit aux affaires spirituelles-.

Les Grecs, grands parleurs, grands disputeurs, naturellement sophistes, ne cessèrent d'embrouiller la religion par des controverses. Comme les moines avoient un grand crédit à la cour, toujours d'autant plus foible qu'elle étoit plus corrompue, il arrivoit que les moines et la cour se corrompoient réciproquement^ et que le mal étoit dans tous les deux; d'où il suivoit que toute l'attention des

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