Ducas, Histoire des derniers Palcologues. (M
4. On se deniandoit si on avoit entendu la messe d'un prêtre qui eût consenti à l'union ; on l'auroit fui comme le feu : on rcgardoit la grande église comme un temple profane. Le moine Gennadius lançoit ses anathèmes sur tous ceux qui désiroient la paix. Ducas, ibid. (M.)
bien l'impuissance où étoient et où seront toujours les théologiens, par eux-mêmes, d'accommoder jamais leurs différends. On y voit un empereur^ qui passe sa vie à les assembler, à les écouter, à les rapprocher : on voit, de l'autre, une hydre de disputes qui renaissent sans cesse ; et l'on sent qu'avec la même méthode, la même patience, les mêmes espérances, la même envie de fmir, la même simplicité pour leurs intrigues, le même respect pour leurs haines, ils ne se seroient jamais accommodés qu'à la fm du monde.
En voici un exemple bien remarquable. A la sollicitation de l'empereur, les partisans du patriarche Arsène firent une convention avec ceux qui suivoient le patriarche Joseph, qui portoit que les deux partis écriroient leurs prétentions, chacun sur un papier; qu'on jetteroit les deux papiers dans un brasier; que, si l'un des deux demeuroit entier, le jugement de Dieuseroit suivi ; et que, si tous les deux étoient consumés, ils renonceroient à leurs différends. Le feu dévora les deux papiers; les deux partis se réunirent, la paix dura un jour; mais, le lendemain, ils dirent que leur changement auroit dû dépendre d'une persuasion intérieure, et non pas du hasard, et la guerre recommença plus vive que jamais
On doit donner une grande attention aux disputes des théologiens, mais il faut la cacher autant qu'il est possible : la peine qu'on paroît prendre à les calmer les accréditant toujours, en faisant voir que leur manière de penser est si importante qu'elle décide du repos de l'État et de la sûreté du prince.