On dirait aujourd'hui : d 'S confessions do foi
un cri général lui fait d'abord trouver des limites qu'il n'avoit pas connues. Un roi de Perse peut bien contraindre un fils de tuer son père, ou un père de tuer son fds^ ; mais obliger ses sujets de boire du vin, il ne le peut pas. 11 y a dans chaque nation un esprit général, sur lequel la puissance même est fondée ; quand elle choque cet esprit, elle se choque elle-même, et elle s'arrête nécessairement.
La source la plus empoisonnée de tous les malheurs des Grecs, c'est qu'ils ne connurent jamais la nature ni les bornes de la puissance ecclésiastique et de la séculière ; ce qui fit que l'on tomba, de part et d'autre, dans des égarements continuels.
Cette grande distinction, qui est la base sur laquelle pose la tranquillité des peuples, est fondée, non-seulement sur la religion, mais encore sur la raison et la nature, qui veulent que des choses réellement séparées, et qui ne peuvent subsister que séparées, ne soient jamais confondues.
Quoique, chez les anciens Romains, le clergé ne fit pas un corps séparé, cette distinction y éloit aussi connue que parmi nous. Claudius ' avçit consacré à la Liberté la maison de Cicéron, lequel, revenu de son exil, laredemanda ; les pontifes décidèrent que, si elle avoit été consacrée sans un ordre exprès du peuple, on pouvoit la lui rendre sans blesser la rehgion. « Ils ont déclaré, dit Cicéron ^ qu'ils
1. Voyez Chardin, Description du Gouvernement des Persans, cli. ii. (M.) Esprit des lois, III, 10.