‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 40 sur 251 · AUX MANES DU MARQUIS DE GHAUVELIN · texte numérisé non relu

AUX MANES DU MARQUIS DE GHAUVELIN

Comme on voit un lieu qui rappelle

Un agréable souvenir.

0 Guide ! ô campagnes si chères !

Bois consacrés aux doux mystères !

Que j'aimais vos jeunes bergères

Dont l'innocence est le trésor,

Et ces jeux, ces danses légères,

Ces cœurs purs, ces amours sincères,

Ces mœurs dignes de l'âge d'or !

Tous ces biens sont imaginaires ;

Mais j'ai joui de leurs chimères,

Et j'en voudrais jouir encor.

LE

TEMPLE DE GNIDE

Vénus à Gnide aime à fixer sa cour; Elle n'a point de plus riant séjour :

Jamais son char ne quitte l'Empyrée Sans aborder à ce rivage heureux.

Fiers de la voir se confondre avec eux, Les Gnidiens, à sa vue adorée, IN'éprouvent plus cette frayeur sacrée Que fait sentir la présence des dieux : Si d'un nuage elle marche entourée, On reconnaît l'aimable Cythérée Au seul parfum qu'exhalent ses cheveux.

Gnide s'élève au sein d'une contrée Où la nature a versé ses bienfaits :

Le doux printemps l'embellit à jamais.

Une chaleur égale et tempérée Y fait tout naître, et prévient nos souhaits. Vous n'entendez que le bruit des fontaines Et le concert des oiseaux amoureux :

Les bois émus semblent harmonieux :

Mille troupeaux bondissent dans les plaines : L'esprit des fleurs, par les vents emporté, De toutes parts embaume leurs haleines; L'air s'y respire avec la volupté.

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