‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 79 sur 251 · Antiquités romaines, liv. VIII. (M · texte numérisé non relu

Antiquités romaines, liv. VIII. (M

3. Bossuet, Discours, IIP partie, ch. vi. « Le sénat l'en remercia publiquement, et dès lors on résolut, selon les anciennes maximes, de n'écouter, dans ce triste état, aucune proposition de paix. L'ennemi fut étonné ; le peuple reprit cœur, et crut avoir des ressources que le sénat connoissoit par sa prudence. »

d'hommes), qui est funeste à un État; mais la perte imaginaire et le découragement, qui le privent des forces mêmes que la fortune lui avoit laissées \

Il y a des choses que tout le monde dit, parce qu'elles ont été dites une fois. On croit qu'Annibal fit une faute insigne de n'avoir point été assiéger Rome après la bataille de Cannes^ Il est vrai que d'abord la frayeur y fut extrême : mais il n'en est pas de la consternation d'un peuple belliqueux, qui se tourne presque toujours en courage % comme de celle d'une vile populace, qui ne sent que sa foiblesse. Une preuve qu'Annibal n'auroit pas réussi, c'est que les Romains se trouvèrent encore en état d'envoyer partout du secours.

On dit encore qu'Annibal fit une grande faute de mener son armée à Gapoue, où elle s'amollit ; mais l'on ne considère point que l'on ne remonte pas à la vraie cause. Les soldats de cette armée, devenus riches après tant de victoires, n'auroient-ils pas trouvé partout Capoue? Alexandre, qui commandoit à ses propres sujets, prit, dans une occasion pareille, un expédient qu'Annibal, qui n'ayoit que des troupes mercenaires, ne pouvoit pas prendre : il fit mettre le feu au bagage de ses soldats , et brûla toutes leurs richesses et les siennes. On nous dit^ que Kouli-Kan% après la conquête des Indes, ne laissa à chaque soldat que cent roupies d'argents

1. Très-vrai et solide. L'imagination frappée du soldat est un fantôme imaginaire qui gagne plus de batailles que la force réelle ou la supériorité de l'ennemi. (Frédéric II.)

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