‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 102 sur 453 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

CONTINUATION DU MEME SUJET

C'est la fureur despotique qui a établi que la disgrâce du père entrai neroit celle des enfants et des femmes. Ils sont déjà malheureux sans être criminels; et, d'ailleurs, il faut que le prince laisse entre l'accusé et lui des suppliants pour adoucir son courroux, ou pour éclairer sa justice.

C'est une bonne coutume des Maldives1, que lorsque un seigneur est disgracié, il va tous les jours faire sa cour au roi, jusqu'à ce qu'il rentre en grâce ; sa présence désarme le courroux du prince.

Il y a des États despotiques 2 où l'on pense que de parler à un prince pour un disgracié, c'est manquer au respect qui lui est dû. Ces princes semblent faire tous leurs efforts pour se priver de la vertu de clémence.

Arcadius et Honoiïus, dans la loi3 dont j'ai tant parlé4, déclarent qu'ils ne feront point de grâce à ceux qui oseront les supplier pour les coupables. Cette loi étoit bien

l.vVoyez François Pirard. (M.)

c2. Gomme aujourd'hui en Perse, au rapport de M. Chardin. Cet usage est bien ancien. « On mit Cavade, dit Procope, dans le château de l'oubli. Il y a une loi qui défend de parler de ceux qui y sont enfermés, et môme de prononcer leur nom. » (M.)

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