‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 164 sur 453 · LIVRE XIV, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CHAP. XIV

lateurs s'échauffa cle même; la loi soupçonna tout pour un peuple qui pouvoit tout soupçonner.

Ces lois eurent donc une extrême attention sur les deux sexes. Mais il semble que, dans les punitions qu'elles firent, elles songèrent plus à flatter la vengeance particulière qu'à exercer la vengeance publique. Ainsi, dans la plupart des cas, elles réduisoient les deux coupables dans la servitude des parents ou du mari offensé. Une femme1 ingénue, qui s'étoit livrée à un homme marié, étoit remise dans la puissance de sa femme, pour en disposer à sa volonté. Elles obligeoient les esclaves2 de lier et de présenter au mari sa femme qu'ils surprenoient en adultère; elles permettoient à ses enfants3 de l'accuser, et de mettre à la question ses esclaves pour la convaincre. Aussi furentelles plus propres à raffiner à l'excès un certain point d'honneur qu'à former une bonne police. Et il ne faut pas être étonné si le comte Julien crut qu'un outrage de cette espèce demandoit la perte de sa patrie et de son roi. On ne doit pas être surpris si les Maures, avec une telle conformité cle mœurs, trouvèrent tant de facilité à s'établir en Espagne, à s'y maintenir et à retarder la chute cle leur empire.

1. Loi des Wisigoths, liv. III, tit. iv, § 9. (M.) 1. Ibid., liv. III, tit. iv, § 6. (M.) Inf., XXVI, xix. 3. Ibid., liv. III, tit. iv, § 13. (M.)

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