‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 167 sur 453 · DE L'ESCLAVAGE CIVIL · texte numérisé non relu

DE L'ESCLAVAGE CIVIL

L'esclavage, proprement dit, est rétablissement d'un droit qui rend un homme tellement propre à un autre homme, qu'il est le maître absolu de sa vie et de ses biens1. Il n'est pas bon par sa nature : il n'est utile ni au maître ni à l'esclave : à celui-ci, parce qu'il ne peut rien faire par vertu 2 ; à celui-là, parce qu'il contracte avec ses esclaves toutes sortes de mauvaises habitudes , qu'il s'accoutume insensiblement à manquer à toutes les vertus morales, qu'il devient fier, prompt, dur, colère, voluptueux, cruel.

Dans les pays despotiques, où l'on est déjà sous l'es-

1. La phrase est amphibologique; elle signifie que le dernier devient rtaaître absolu de la vie et des biens du premier.

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