‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 24 sur 453 · MANIÈRE DE PENSER DES AUTRES POLITIQUES · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE PENSER DES AUTRES POLITIQUES

Pour tempérer le gouvernement d'un seul, Arribas1, roi d'Épire, n'imagina qu'une république. Les Molosses, ne sachant comment borner le même pouvoir, firent deux rois2 : par là on afïbiblissoit l'État plus que le commandement ; on vouloit des rivaux, et on avoit des ennemis.

Deux rois n'étoient tolérables qu'à Lacédémone; ils n'y formoient pas la constitution, mais ils étoient une partie de la constitution.

1. Voyez Justin, liv. XVII, cm. Primus leges et senatum, annuosque magistratus, et reipublicœ formam composuit. (M.) On voit que dans ce passage Respublica veut dire un État libre, un gouvernement policé, et non pas une république. La réforme faite, l'Épire n'en resta pas moins une monarchie. Arribas mourut sur le trône, laissant pour successeur son fils Néoptolème qui fut pèred'Olympias, mère d'Alexandre le Grand. Les rois d'Épire ont duré jusqu'à Paul-Émile qui détruisit leur puissance.

2. Aristote, Politique, liv. V, chap. ix. (M.) Montesquieu a mal compris ce passage d' Aristote. Les Molosses n'eurent jamais qu'un roi.

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