‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 261 sur 453 · DE LA LIBERTÉ DES ARABES ET DE LA SERVITUDE DES TARTARES · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ DES ARABES ET DE LA SERVITUDE DES TARTARES

Les Arabes et les Tartares sont des peuples pasteurs. Les Arabes se trouvent dans les cas généraux dont nous avons parlé, et sont libres; au lieu que les Tartares (peuple le plus singulier de la terre) se trouvent dans l'esclavage politique1. J'ai déjà2 donné quelques raisons de ce dernier fait : en voici de nouvelles.

Ils n'ont point de villes, ils n'ont point de forêts, ils ont peu de marais; leurs rivières sont presque toujours glacées; ils habitent une immense plaine; ils ont des pâturages et des troupeaux, et par conséquent des biens : mais ils n'ont aucune espèce de retraite ni de défense. Sitôt qu'un kan est vaincu, on lui coupe la tête3; on traite de la même manière ses enfants ; et tous ses sujets appartiennent au vainqueur. On ne les condamne pas à un esclavage civil ; ils seroient à charge à une nation simple, qui n'a point de terres à cultiver, et n'a besoin d'aucun service domestique. Ils augmentent donc la

4. Lorsqu'on proclame un kan, tout le peuple s'écrie : Que sa parole lui serve de glaive. (M.)

Page 1