‹ Œuvres complètes; (volume 5)Chapitre 391 sur 453 · Liv. XV. (M · texte numérisé non relu

Liv. XV. (M

8. Les Macédoniens de la Bactriane, des Indes, et de l'Ariane, s'étant sépares du royaume de Syrie, formèrent un grand État. (M.)

DE L'ESPRIT DES LOIS

loin que Séleucus et Alexandre. Quand il seroit vrai 1 qu'ils n'auroient pas été plus loin vers l'orient que Séleucus, ils allèrent plus loin vers le midi : ils découvrirent 2 Siger et des ports dans le Malabar3, qui donnèrent lieu à la navigation dont je vais parler.*

Pline 4 nous apprend qu'on prit successivement trois routes pour faire la navigation des Indes. D'abord, on alla, du promontoire de Siagre, à l'île de Patalène, qui est à l'embouchure de l'Inclus : on voit que c'étoit la route qu'avoit tenue la flotte d'Alexandre. On prit ensuite un chemin plus court5 et plus sûr; et on alla du même promontoire à Siger. Ce Siger ne peut être que le royaume cle Siger dont parle Strabon 6, que les rois grecs de Bactriane découvrirent. Pline ne peut dire que ce chemin fût plus court, que parce qu'on le faisoit en moins de temps; car Siger devoit être plus reculé que l'Indus, puisque les rois de Bactriane le découvrirent. Il falloit donc que l'on évitât par là le détour de certaines côtes, et que l'on profitât de certains vents. Enfin les marchands prirent une troisième route : ils serendoient à Canes ou à Océlis, ports situés à l'embouchure de la mer Rouge, d'où, par un vent d'ouest, on arrivoit à Muziris, première étape des Indes, et de là à d'autres ports7.

On voit qu'au lieu d'aller de l'embouchure de la mer Rouge jusqu'à Siagre, en remontant la côte de l'Arabie

1. A. B. Je crois bien qu'ils n'allèrent pas plus loin vers l'orient, et ne passèrent point le Gange ; mais ils allèrent plus loin vers le midi, etc.

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