Liv. XV. (M
3. A. B. terminent ce chapitre par les considérations suivantes, reproduites en partie dans le ch. x ci-après, qui a paru pour la première fois dans l'édition de 1758.
« Je finirai ce chapitre par une réflexion. Ptolomée3 le géographe porte l'Afrique orientale connue au promontoire Prassum; et Arrienb la borne au promontoire Raptum. Nos meilleures cartes placent le promontoire Prassum à Mozambique, au quatorzième degré et demi de latitude sud, et le promontoire Raptum vers les dix degrés de cette latitude. Mais, comme depuis la côte du royaume d'Ajan, qui ne produit aucunes marchandises, le pays devient toujours plus riche à mesure que l'on va vers le midi jusqu'au pays de Sofala où est la source des richesses, il paroît d'abord étonnant que l'on ait ainsi rétrogradé vers le nord, au lieu d'avancer vers le midi.
« A mesure que les connoissances, la navigation et le commerce s'étendirent du côté des Indes, elles reculèrent du côté de l'Afrique : un commerce riche et facile en fit négliger un moins lucratif et plein de difficultés
3 Liv. IV, chap. vu, et liv. VIII, table 4 de l'Afrique. (M.) b Voyez le Périple do la mer Erythrée. (M.)
DE L'ESPRIT DES LOIS
On connut moins la côte orientale de l'Afrique qu'on ne l'avoit connue du temps de Salomon ; et quoique Ptolornée nous parle du promontoire Prassum, c'étoit plutôt un lieu que l'on avoit connu, qu'un lieu que l'on connut encore. Arrien c borne les terres connues au promontoire Raptum, parce qu'on n'alloit plus que jusque-là. Que si Marcien d'Héraclée d est revenu au promontoire Prassum, son autorité n'est d'aucune importance ; il avoue lui-même e qu'il est le copiste d'Artémidor, et que cet Artémidor l'est de Ptolornée. »
c Ptolornée et Arrien étoient à peu près contemporains.
d Son ouvrage se trouve dans le Recueil des petits géographes grecs, édition d'Oxford de 1698, t. I, p. 10.
e Ibid., page 1 et 2.