DE LA RÉVÉLATION DES CONSPIRATIONS
«. Quand ton frère, ou ton fils, ou ta fille, ou ta femme bien-aimée, ou ton ami, qui est comme ton âme, te diront en secret : Allons à d'autres dieux, tu les lapideras : d'abord ta main sera sur lui, ensuite celle de tout le peuple *. » Cette loi du Deutéronome 2 ne peut être une loi civile chez la plupart des peuples que nous connoissons, parce qu'elle y ouvriroit la porte à tous les crimes.
La loi qui ordonne dans plusieurs États, sous peine de la vie, de révéler les conspirations auxquelles même on n'a pas trempé, n'est guère moins dure3. Lorsqu'on la porte dans le gouvernement monarchique, il est trèsconvenable de la restreindre.
Elle n'y doit être appliquée, dans toute sa sévérité, qu'au crime de lèse-majesté au premier chef4. Dans ces États, il est très-important de ne point confondre les différents chefs de ce crime.
Au Japon, où les lois renversent toutes les idées de la raison humaine, le crime de non-révélation s'applique aux cas les plus ordinaires.
1. La phrase : d'abord ta main, etc., n'est ni dans A ni dans B.
2. Chap. xm, vers. 6, 7, 8 et 9. (M.) A. B. disent par erreur : du Lévitique.
3. C'est en vertu de cette loi que De Thou fut condamné à mort, comme complice de la conspiration de Cinq-Mars. Sup., c. vin.