‹ Œuvres complètes;Chapitre 102 sur 312 · A DEUX SCEURS QUI LUI DEMANDOIENT UNE CHANSON · texte numérisé non relu

A DEUX SCEURS QUI LUI DEMANDOIENT UNE CHANSON

Vous êtes belle, et votre sœur est belle ; Si j'eusse été Paris, mon choix eût été doux : La pomme auroit été pour vous.

Mais mon cœur eût été pour elle.

l. On sait l'antipathie de Buffon, de Duclos et de Montesquieu pour la poésie. Quand ils vouloient faire l'éloge d'un ouvrage, ils disoient ordinairement : C'est beau comme de la prose. Une dame sollicitoit depuis longtemps l'auteur de VEsprit des lois de lui faire des vers. Montesquieu, pour la satisfaire, chargea son secrétaire de ce travail; celui-ci, qui n'étoit riea moins que poëte, trouva plus facile de copier une pièce de poésie, à laquelle il fit les changements qu'exigeoit la circonstance, et la remit à Montesquieu, qui se borna à lui ordonner de la mettre au net, et donna ces vers à la dame à laquelle il les destinoit, et qui s'empressa de s'en faire honneur. Laharpe racontoit cette anecdote à ses élèves et à ses nombreux amphitryons. Il montroit le vieux recueil dans lequel il avoit découvert la pièce originale. Ce plagiat, dont Montesquieu auroit été complice sans le savoir, n'est remarquable que par sa singularité. (Édition Dalibon, Paris, 1827.)

L'histoire est au moins douteuse. Montesquieu est un poëte médiocre, mais il était certes en état de faire le madrigal insignifiant qu'on lui dispute, madrigal adressé, suivant toute apparence, à M'"'' de Mirepoix et à M'"" de Boufflers, durant les badiiiages poétiques de Lunévilie. Voici deux autros madrigaux qu'on lui attribue, et qui ne valent ni plus ni moins que le premier.

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