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ACADÉiMIQUES. 17
qui travaillent toutes pour le bien commun, ces esprits animaux si impérieux et si obéissants, ces mouvements si soumis et quelquefois si libres, cette volonté qui commande en reine et obéit en esclave ; ces périodes si réglées, cette machine si simple dans son action et si composée dans ses ressorts, cette réparation continuelle de force et de vie, ce merveilleux de la reproduction et de la génération, toujours de nouveaux secours à de nouveaux besoins : quelles grandes idées de sagesse et d'économie !
Dans ce nombre prodigieux de parties, de veines, d'artères, de vaisseaux lymphatiques, de cartilages, de tendons, de muscles, de glandes, on ne sauroit croire qu'il y ait rien d'inutile ; tout concourt pour le bien du sujet animé ; et s'il y a quelque partie dont nous ignorions l'usage, nous devons avec une noble inquiétude chercher à le découvrir.
C'est ce qui avoit porté l'académie à choisir pour sujet l'usage des glandes rénales ou capsules atrabilaires, et à encourager les savants à travailler sur une matière qui, malgré les recherches de tant d'auteurs, étoit encore toute neuve, et sembloit avoir été jusqu'ici plutôt l'objet de leur désespoir que de leurs connaissances.
Je ne ferai point ici une description exacte de ces glandes, à moins de dire ce que tant d'auteurs ont déjà dit : tout le monde sait qu'elles sont placées un peu audessus des reins, entre les émulgentes et les troncs de la veine cave et de la grande artère. Si l'on veut voir des gens bien peu d'accord, on n'a qu'à lire les auteurs qui ont traité de leur usage ; elles ont produit une diversité d'opinions qui est un argument presque certain de leur fausseté : dans cette confusion chacun avoit sa langue, et l'ouvrage resta imparfait.
Les premiers qui en ont parlé les ont faites d'une condition bien subalterne ; et sans leur vouloir permettre aucun rôle dans l'économie animale, ils ont cru qu'elles ne servoient qu'à appuyer différentes parties circonvoisines : les uns ont pensé qu'elles avoient été mises là pour soutenir le ventricule, qui auroit trop porté sur les émulgentes ; d'autres, pour affermir le plexus nerveux qui les touche : préjugés échappés des anciens, qui ignoroient l'usage des glandes.
Car, si elles ne servoient qu'à cet usage, à quoi bon cette structure admirable dont elles sont formées? ne sufliroit-il pas qu'elles fussent comme une espèce de masse informe, Rudis î7idigestaque moles^l Seroit-ce comme dans l'architecture, où l'art enrichit les pilastres mêmes et les colonnes?
Gaspar Bartholin est le premier qui, leur ôtant une fonction si basse, les a rendues plus dignes de l'attention des savants. Il croit qu'une humeur, qu'il appelle airabile. est conservée dans leurs cavités : pensée allligeaiUe, qui met dans nous-mêmes un principe de mélancolie, et semble faire des chagrins et de la tristesse une maladie habituelle de l'homme. 11 croit qu'il y a une communication de ces capsules aux reins, auxquels cette humeur atrabilaire sert pour le délaicment des urines. Mais, comme il ne montra pas cette communication, on nel'en crut point sur sa parole : on jugea qu'il ne suffisoit pas d'en démontrer l'utilité, il falloit en prouver l'existence ; et que ce n'étoit pas assez de l'annoncer, il falloit encore la faire voir. 11 eut un fils illustre qui, travaillant pour la gloire de sa famille, voulut soutenir un système que son père avoit ])lutôt jeté qu'é-