V. sup. la Lettre à l'abbé de Guasco du 28 mars
3. Par les avantages que ce prince avoit remportés contre l'armée angloisc dans son expédition d'I'lcosse. (G.)
LETTRE LXVir.
A iM. DUCLOS, DE l'académie FKANÇOISE.
La lettre, monsieur mon illustre confrère, que vous m'avez écrite en réponse au sujet de l'abbé de Guasco-, est si obligeante, que je ne peux m'empêcher de vous en faire un remerciement. J'ai une grande envie de vous revoir ; mais Helvétius ■' et Saurin ^ vous reverront plus tôt que moi. J'ai pourtant, depuis quelques jours, brisé bien des chaînes qui me retenoient ici. Les soirées de l'hôtel de Brancas reviennent toujours à ma pensée, et ces soupers qui n'en avoient pas le litre, et où nous nous crevions.
Dites, je vous prie, h M'"^ de Rochefort % et à M. et M'"'' de Forcalquier, d'avoir quelques bontés pour un homme qui les adore. Vous devriez bien me procurer
1. Publiôo dan'* los OEuvres posthumes de Montesquieu, Paris;, 1790.
2. Montesquieu lui recommandait la candidature de Fabbc à TAcadémie des inscriptions.
3. Claude Helvétius, né à Paris le 20 janvier 171."), mort on c^tto ville le 20 décembre 1771, grand ami de Montesquieu.
i. Bernard-Joseph Saurin. célèbre par sa tragédie de Spartacus, né ;V Paris le .5 mai 1700, mort le 7 novembre 1781.
T). Marie-Thérèse de Brancas, née à Paris le !•''' avril 1710, épousa en 1730 le comte dé Rochefort. Devenue veuve, elle se remaria en 1782 au duc de Nivernois et mourut le 4 décembre de la môme année. Les amateurs de raretés bibliographiques recherchent un petit volume qu'on prétend n'avoir été tiré qu'à cinquante exemplaires et qui a pour titre : Opuscules de divers genres, par Madame la comtesse de Rochefort, depuis duchesse de Nivernois. Paris, Didot aîné, 1784, in-18 de 179 pages. (Ravk- NEL.)M. deLoménio a publié un intéressant volume sur M'"" de Rochefort et SCS amis.
quelques-unes de ces badineries charmantes de M. de Forcalquier, que nous voyions quelque fois à Paris, et qui sortaient de son esprit comme un éclair.
Je suis devenu bien sage depuis que je ne vous ai vu; je ne fais et ne ferai absolument rien ; et j'ai pris mon parti de n'avoir plus d'esprit à moi, et de me livrer entièrement à l'agrément de celui des autres. INe dois-je pas désirer de commencer par M. de Forcalquier?
Adieu, mon très-cher confrère ; agréez, je vous prie, mes sentiments pleins d'estime, etc.
Bordeaux, le 15 août 1748.