‹ Œuvres complètes;Chapitre 204 sur 312 · V Esprit des l.ois · texte numérisé non relu

V Esprit des l.ois

Ecosse, m'a surtout fait grand plaisir ; et l'endroit de mon livre où j'ai traité cette matière est peut-être celui qui m'a fait le plus de peine, et où j'ai le plus souvent changée Ce que j'avois fait, parce que je n'avois trouvé personne qui eût là-dessus des idées aussi nettes que celles que vous avez. Mais c'est assez parler de mon livre que j'ai l'honneur de vous présenter.

J'aime mieux vous parler d'une belle dissertation, où vous donnez une beaucoup plus grande influence aux causes morales qu'aux causes physiques. Et, il m'a paru, autant que je suis capable d'en juger, que ce sujet est traité à fond, quelque difllcile qu'il soit à traiter, et écrit de main de maître, et rempli d'idées et de réflexions très neuves.

iN'ous commençâmes aussi à lire, M. Stuart et moi, un autre ouvrage de vous, où vous maltraitez un peu l'ordre ecclésiastique. Vous croyez bien que M. Stuart et moi n'avons pas pu entièrement vous approuver; nous nous sommes contentés de vous admirer. Nous ne crûmes pas que ces messieurs furent tels ; mais nous trouvâmes fort bonnes les raisons que vous donnez pour qu'ils dussent être tels.

M. Stuart m'a fait un grand plaisir , en me faisant espérer que je trouverois à Paris une partie de ces beaux ouvrages.

J'ai l'honneur, Monsieur, de vous en remercier, et d'être, avec les sentiments de la plus parfaite estime, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Montesquieu.

A Bordeaux, ce V^ mai 1749.

1. Esprit des Lois, livre VI rhapitrn in. Montesquieu en a eliangé le texte dans l'édition de 17.")8.

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