LETTRE LXXX
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J'ai trouvé, en passant à la campagne, MM. de Sainte- Palaye, qui m'ont parlé de monseigneur Cerati : je les ai perpétuellement interrogés sur monseigneur Cerati. Quelque chose me déplaisoit, c'étoit de n'être point à Rome avec le grand homme dont ils me parloient. Il m'ont dit que vous vous portiez bien ; j'en rends grâces à l'air de Rome ; et je m'en félicite avec tous vos amis.
M. de Ruffon vient de publier trois volumes*, qui se-
I. La lettre i)Orlc en murge : « Accueillie fa\orableinent. » -2. Histoire naturelle (icnérale et particulière avec la riescriplion du Cabinet du roi. Paris, ITW. 3 vol. iii-i°.
roiit suivis de douze autres : les trois premiers contiennent des idées générales ; les douze autres contiendront une description des curiosités du jardin du roi. M. de Buflbn a, parmi les savants de ce pays-ci, un très-grand nombre d'ennemis; et la voix prépondérante des savants emportera, à ce que je crois, la balance pour bien du temps ; pour moi, qui y trouve de belles choses, j'attendrai avec tranquillité et modestie la décision des savants étrangers. Je n'ai pourtant vu personne à qui je n'aie entendu dire qu'il y avoit beaucoup d'utilité à le lire.
M. de Maupertuis, qui a cru toute sa vie, et qui peutêtre a prouvé qu'il n'étoit point heureux, vient de publier un petit écrit sur le bonheur*. C'est l'ouvrage d'un homme d'esprit ; et on y trouve du raisonnement et des grâces. Quant à mon livre de V Esprit de Loîx, j'entends quelques frelons qui bourdonnent autour de moi ; mais si les abeilles y cueillent un peu de miel, cela me suffit ; ce que vous m'en dites me fait un plaisir infini : il est bien agréable d'être approuvé des personnes que l'on aime : agréez, je vous prie, monseigneur, mes sentiments les plus respectueux.
De Paris, W. 11 novembre 1741).