‹ Œuvres complètes;Chapitre 224 sur 312 · LETTRE XCIII · texte numérisé non relu

LETTRE XCIII

A L A BBK VENUTI .

Mon cher Abbé, je ne vous ai point encore remercié

1. (>> 110 fut en ell'ct ((u'aprés le voyajîo que M. do Lti C.oiiclaniino lit à Londres. ])ou d'années après, ({u'oii vil. à Paris, les premiors essais de l'inoculation. Cet académicien ne se Ixiiiia jias à faire verbalement des rapports de ses observations sur cette ])ratic|ue; mais il les mit par écrit et les communiqua au public, le mettant par là en état d'y réflécbir, et de se persuader de la réalité des avantages qu'on retireroit de cette pratique, néanmoins encore combattue par la déraison du préjugé, et la cabale (le bi(!ii des médecins. (Note de la iiremiérc éililion.)

de la place distinguée que vous m'avez donnée dans \otic Triomphe * ; vous êtes Pétrarque, et moi pas grand'chose. M. Tercier - m'a écrit pour me prier de vous remercier de sa pari de l'exemplaire que je lui ai envoyé, et de vous dire que M. de Puylsieux avoit reçu le sien avec toute sorte de satisfaction ^. Gomme il n'en est venu ici que trèspeu d'exemplaires, je ne pourrai pas encore vous marquer le succès de l'ouvrage; mais j'en ai ouï dire du bien, et il me paroît que c'est de la belle poésie.

Et (e fecere poetani Piorides ■ ,

Je ne puis pas m'accoutumer, mon cher Abbé, à penser que vous n'êtes plus à Bordeaux : vous y avez laissé bien

1. L'ouvrage de M. l'abbô Vcmiti, dont pailc M. de Montesquieu, csl intitulé, il Trionfo Ulterario délia Fiancia (le Triomphe littéraire de la France). Rappelé dans sa patrie, M. l'abbé Venuti craignit c{u'on ne l'accusât d'ingratitude, si, en quittant la France, il ne laissoit aucun monument de sa rcconnoissance pour tous les agréments qu'il y avoit trouvés, et de son admiration pour les grands génies qu'elle renferme dans son sein. C'est dans cette vue qu'il a composé son poëme en plusieurs chants, où il donne des éloges auxquels l'amitié a bien autant de part que le vrai mérite. Quoi qu'il en soit, on ne refuse pas de souscrire à ce qu'il dit de \ï. de Montesquieu: « Si une âme aussi grande, dit-il, se fût trouvée dans <i le sénat latin, la liberté romaine vivroit encore à la honte des tyrans. « Son nom surpassera la durée du roc Tarpéien ; et sa gloire ne périra « point tant que Thémis dictera ses oracles sur les bancs franrois, et que Il les dieux conserveront à l'homme le don de la pensée. » Tel est le sens du compliment que l'abbé Venuti a fait à M. de Montesquieu dans son pocme italien, et dont M. de Montesquieu le remercie dans celte lettre. (Kdition parisienne de 1707.)

2. L'un des premiers commis du bureau des affaires étrangères, et fort savant académicien de Paris, le môme qui essuya depuis tant de mortifications, pour avoir, en qualité de censeur royal, donné son approbation pour l'impression du livre de l'Esprit. (Guasco.)

11 est mort, il y a cnviion un an. — Édition parisienne de 17()7.

3. Le poème de l'abbé Venuti était dédié à M. de Puylsieux, alors ministre des aflaires étrangères.

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