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En lui envoyant le Lysimaque

372 LETTRES FAiMILIEHES.

Du reste, Monsieur, je me félicite de ce que notre Société a un secrétaire tel que vous, et aussi capable d'entrer dans les grandes vues du roi , et dans l'exécution des belles choses qu'il a projetées. Je vous supplie de vouloir bien me conserver l'honneur de votre amitié ; il me semble que la mienne s'augmente pour l'historien de la Pologne.

J'ai l'honneur d'être. Monsieur, avec un attachement respectueux, etc^

De Paris, le 4 avril 1751.

1. Le Lysimaque fut lu dans l'assemblée publique de la Société littéraire le 8 mai 1751. A la même séance, le primat de Lorraine prononça un discours conservé dans les procès-verbaux de la Société, t. I, p. 241, et dans lequel se trouve le passage suivant, qui prouve que Montesquieu n'avait pas que des ennemis dans le clergé français.

« Plusieurs de ces génies toujours applaudis deviennent aujourd'hui vos confrères. Vos suffrages, qui n'osoient prévenir leur désir se sont hâtés d'y répondre; on eut presque dit que nous les attendions. Quel homme si peu versé dans les lettres ne connoit M. le Président de Montesquieu ! Le discours que vous venez d'entendre pourroit seul vous faire connaître l'élévation de son âme, la justesse de ses idées, la naïveté, les grâces de sa diction.

« Mais dans quel siècle, de tous ceux qui nous ont précédés, auroit-on exécuté, auroit-on môme conçu l'idée d'un ouvrage pareil â celui de l'Esprit des Lois? Quelle étendue de connoissances, quelle profondeur de pensées, quelle sagacité de génie n'y découvre-t-on pas? Tous les temps, tous les climats, toutes les espèces de gouvernement, les religions, les mœurs, les goûts, les passions, tous les ouvrages des hommes y sont discutés ; et la raison seule, mais toujours suivie, j'ai presque dit éclairée par un esprit supérieur et presque aussi vaste que l'univers, y décide de fout ce qui peut faire le bonheur ou le malheur des Empires. »

Ajoutons, pour ôtre comi)lcts, que M. de Secondât, le iils de Montesquieu, écrivit au roi Stanislas le 5 mars 1751 pour demander, lui aussi, à faire partie de la Société liUéraire de Nancy, et que le roi eut la bonté do lui répondre le 10 mai de la mùmc année en agréant sa demande.

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