‹ Œuvres complètes;Chapitre 248 sur 312 · Célèbre médecin de Bordeaux · texte numérisé non relu

Célèbre médecin de Bordeaux

l'esprit ' ; mais ceci est trop relevé pour un pauvi'e chasseur devant Dieu : ainsi je ne vous parlerai que de notre misère, qui est extrême, et telle qu'il me semble qu'il vaut mieux s'ennuyer que de se divertir devant des misérables. Je ne sais, ma foi, à quoi tout cela aboutira ; mais je sais que tous les lendemains sont pires, et que cela vise à la dépopulation» Nous serons dàpopulés, mon cher chevalier, et peut-être passerons-nous devant les autres.

Vous chassez, et je plante des arbres, et je défriche des landes ; il faut s'amuser comme on peut. La ville 'de Bordeaux est fort triste, et je ne tâte guère de ce séjour.

On dit que le charmant milord^ est malade à Toulouse. Agréez, je vous prie, mes sentiments les plus tendres.

Bordeaux, ce 2 janvier 1752.

LETTRE GXIV.

A M. B Ri: se ON*.

L'ode que vous avez eu la bonté de m'envoyer, Monsieur, est digne du héros et du poète. Vous êtes l'Homère d'un nouvel Achille, aussi courageux et plus aimable que l'ancien. Continuez de cultiver les Muses, elles demandent

1. OEuvres posthumes : « et moi je dis qu'il est très-difficile de faire l'amour avec le cœur et avec l'esprit. »

2. Milord Ilydc de Cornbury, sup. lettre CX. .'}. Comniiiiiiquce par M. Vi.iii.

4. Médecin à, Mczin, prùs de iSérac, ([ui lui avait envoyé une Ode à la louange du duc d'Aiguillon.

LETTRES FAJIILIKRES. 389

la jeunesse ainsi que les Grâces. Jouissez longtemps des faveurs des unes et des autres.

Je ne vois plus votre ami M. T., et j'en suis fâché, car je l'aimais pour lui-même, et par reconnoissance des avantages qu'il m'a procurés en me liant avec vous.

LETTRE GXVi.

A M. BnESOON^.

Vous voyez, Monsieur, que je ne fais pas si facilement de la prose que vous faites des vers. Il paroît que vous n'avez pas besoin d'être soutenu par votre sujet, puisque vous me louez. J'ai lu avec bien du plaisir votre lettre, et je me rappelle avec non moins de plaisir l'homme d'esprit qui l'a écrite.

Baron, 25 février 1732.

LETTRE GXVI \

Page 1