‹ Œuvres complètes;Chapitre 287 sur 312 · A FLORENCE · texte numérisé non relu

A FLORENCE

Jp finis la lecture de deux morceaux de votre préface % monsieur, et je prends la plume pour vous dire que j'en ai été enchanté; et quoique je ne l'aie vue qu'au travers de mon amour-propre, parce que je m'y trouve paré comme dans un jour de fête, je ne crois pas que j'eusse pu y trouver tant de beautés, si elles n'y étoient pas. Il y a un endroitqueje vous supplie de retrancher: c'est l'article qui concerne les Anglois ^, et où vous dites que j'ai fait mieux sentir la beauté de leur gouvernement que leurs auteurs même. Si les Anglois trouvent que cela soit ainsi, eux qui connoissent mieux leurs livres que nous, on peut être sûr qu'ils auront la générosité de le dire ; ainsi renvoyons leur cette question. Je ne puis m' empêcher, monsieur, de vous dire combien j "ai été étonné de voir un étranger posséder

1. Élicimc Bcrtolini de Ponti'emoli, jurisconsulte distingu- qui succéda à Jules Ruccelai dans la place d'Auiitore segretario del H. dirito; il fut un de ceux qui appuyèrent le plus vigoureusement les réformes dans les matières ecclésiastiques sous Pierrc-Léopold. (Sclopis.)

2. Ce magistrat éclairé de Florence a fait un ouvrage, dans lequel il prouve que les principes de VEsprit des Lois sont ceux des meilleurs écrivains de l'antiquité. Cet ouvrage n'a point été imprimé, et la république des IcUres a droit de le lui demander. Le discours préliminaire de cet ouvrage est actuellement sous presse, et je crois que le public me saura gré de lui en avoir fait part. (Guasco.)

Il n'a paru que ce discours; nous l'avons réimprimé en ttHc du premier volume de l'Esprit des Lois.

.'{. L'articb a été retranché.

si bien notre langue; el j'ai encore des remerciements à vous faire sur mon apologie que vous faites, vous qui m'entendez si bien, contre des gens qui m'ont si mal entendu, qu'on pourroit gager qu'ils ne m'ont pas seulement lu. D'ailleurs, je dois me féliciter de ce que quelques endroits de mon livre vous ont fourni une occasion de faire l'éloge de la grande reine i. J'ai, Monsieur, l'honneur d'être, avec des sentiments remplis de respect et de considération, etc.

De la Brèdc, le 5 décembre 175i.

LETTRE CLIl.

A I, ABBli COMTE DE GUASCO.

Je suis bien étonné, mon cher ami, du procédé de la Geoffrin ; je ne m'attendois pas à ce trait malhonnête de sa part contre un ami que j'estime, que je chéris, et dont elle me doit la connoissance. Je me reproche de ne vous avoir pas prévenu de ne plus aller chez elle. Où est l'hospitalité? Où est la morale ? Quels sont les gens de lettres qui seront en sûreté dans cette maison, si l'on y dépend ainsi d'un caprice? Elle n'a rien à vous reprocher, j'en suis sûr ; ce qu'elle a dit de vous ne sont que des sottises ^ qu'il ne vaut

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